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dimanche 10 mars 2013

partir - partager



« Partir a essentiellement le sens de partager, diviser, séparer ; de là se partir, et, neutralement, partir a passé sans peine à la signification de se séparer d'un lieu, quitter un lieu » (Littré)


 Fushima Inari Taisha, Kyoto, Japon

Marquant l'entrée d'un sanctuaire shinto, le torii sépare l’enceinte sacrée de l’environnement profane.
Du fait de sa fonction de séparation symbolique du monde physique et du monde spirituel, 
chaque torii traversé lors de l'accès à un sanctuaire doit être retraversé dans l'autre sens 
afin de revenir dans le monde réel.



samedi 9 mars 2013

L’équivalent du Japon, le midi




Hiroshige
Voyageur descendant de son cheval près d'un restaurant sur la route de Kamakura, 
Série des Cinquante-trois étapes du Tokaido, 
1833-1834

Ichiyusai Hiroshige – « L’atelier de mon propre divertissement »
« Comment une œuvre d’art est perçue au Japon….  Notre manière de voir en Occident est le plus souvent purement esthétique, ou simplement intellectuelle et s’attache à apprécier la forme, les couleurs, la composition ou la signification de l’œuvre. La vision de l’art au Japon est très différente. Le Japonais s’attache moins à l’apparence mais vit littéralement l’observation de l’œuvre comme un support de méditation. Une œuvre est avant tout un prétexte à un voyage intérieur.
Il est toujours frappant d’observer un Japonais qui contemple une œuvre. Il est beaucoup plus concentré qu’un Occidental parce qu’il effectue virtuellement le voyage que l’artiste l’invite à faire et ne se contente pas d’un simple rapport esthétique ou intellectuel à l’œuvre. Ainsi, au bout d’un moment, il est très probable qu’il s’y soit déplacé très loin, qu’il ait été accompagné par l’artiste dans ses plus lointains méandres ».



 Hiroshige
Voyageur descendant de son cheval près d'un restaurant sur la route de Kamakura, 
Série des Cinquante-trois étapes du Tokaido, 
1833-1834
détail



Vincent Van Gogh
« La déraison et le tourment caractérisent le mieux cette œuvre… out a été dit sur la fragilité psychologique de Van Gogh, sur ses troubles bipolaires, sa schizophrénie et sur ses crises de délires accompagnées d’hallucinations, ainsi que sur leurs conséquences directes sur sa manière de voir le monde. Mais il est légitime de se demander si l’analyse de ces troubles, mise en relation avec celle de son œuvre n’a pas finalement fait oublier l’essentiel.
Une approche plus traditionnelle permet de constater avant tout que ses références vont se tourner vers un art qui est le contraire de celui qu’il a produit : celui de Hiroshige. Un art dont toute la philosophie repose sur la solidité, la composition, la sérénité, le voyage et la paix intérieure.
… Il va faire du Japon fantasmé un refuge, une réalité rêvée, s’y transporter avec une intensité encore accentuée par ses troubles psychiques… » 


Van Gogh
Le bon Samaritain (d'après Delacroix)
1890

Textes extraits de l'exposition à la pinacothèque.


lundi 4 mars 2013

samedi 2 mars 2013

lost in lost in translation



the more you know who you are, and what you want, the less you let things upset you (VO)

plus on sait ce qu'on veut, et ce qu'on est, moins on se laisse atteindre par les choses (french sub)



fall or jump?

lundi 18 février 2013

hypnose?


五代目 坂東 玉三郎 Godaime Bandō Tamasaburō. Born in 1950.

"The frontier is not clear. I am a man, I have never been a woman. The same concept of onnagata is based on a man's imagining of a woman. It goes a lot further than a simple physical transformation".

"The real Tamasaburo is in front of you. On stage I am a dream, maybe just a creation. It's on stage that I am happiest".





Brigitte Salino, Le Monde, 07.02.2013
"Prestation ? Le mot convient mal, tant l'art de Tamasaburo Bando échappe au vocabulaire usuel. Mieux vaut citer Katsushika Hokusai (1760-1849), le peintre qui a signé les fameuses estampes des "36 vues du mont Fuji" : "Quand j'atteindrai 110 ans, je poserai un point - un seul - sur une toile blanche, et ce point sera vivant." Ce "point vivant", on le voit quand on voit Tamasaburo Bando. Il s'inscrit dans la blancheur d'une nuque longue et étirée comme le cou d'un cygne, il se love dans le mouvement d'un bras qui se fond dans la soie sublime, il se reproduit dans l'infini d'une ligne pure dessinée dans l'espace par une ombrelle, il claque dans le son d'un saut infime, il s'incarne dans une paupière qui se baisse, et il atteint la beauté pure dans l'ondoiement des mains de l'artiste élevé au rang de "trésor national vivant".




Tamasaburo Bando a 62 ans, et toute sa vie dans l'art, depuis l'enfance, repose sur une "union illégitime du rêve et de la réalité", pour reprendre l'expression de Yukio Mishima, qui l'admirait et a écrit une pièce pour lui. De cette union est née l'onnagata, soit l'homme représentant la femme, dans la tradition japonaise qui remonte au XVIIIe siècle. Mais cet homme n'est pas simplement travesti. Il épouse la sensibilité féminine, dont il représente un idéal qui repose sur l'absolu de l'ambiguïté. C'est là que Tamasaburo Bando atteint au génie. Chez lui, l'ambiguïté est si troublante qu'elle suscite une émotion à nulle autre pareille : celle d'une sorte d'éternité du regard que l'on ignorait en soi. Et cette éternité du regard fait que, à chaque instant, on a l'impression de se tenir devant un paysage". <+>





dimanche 3 février 2013

il n’y a pas de règles formelles, sais-tu ?




殯の森
Mogari no mori 
La Forêt de Mogari


A propos de Mogari. C’est la période consacrée au deuil, à regretter le mort vénéré.
Ou encore le lieu du deuil. L’étymologie de ce mot serait « Mo Agari », la fin du deuil.



« C'est quand nous trouvons du réconfort dans des choses immatérielles telles que les sentiments humains, la lumière et le vent, ou l'ombre de quelqu'un qui vient de mourir, que nous pouvons alors assumer notre solitude »
Naomie Kawase

samedi 12 janvier 2013

at the very last minute she panicked


Laurie Anderson
The End of The World
<+>



Hi. This evening I’ll be reading from a book I just finished and since a lot of it is about the future, I’m going to start more or less on the last page, and tell you about my grandmother. Now she was a Southern Baptist Holy Roller and she had a very clear idea about the future, and of how the world would end.
In fire.
Like in Revelations.

And when I was ten my grandmother told me the world would end in a year. So I spent the whole year praying and reading the Bible and alienating all my friends and relatives. And finally the big day came. And absolutely nothing happened. Just another day.

Now my grandmother was a missionary and she had heard that the largest religion in the world was Buddhism. So she decided to go to Japan to convert Buddhists.
And to inform them about the end of the world.
And she didn’t speak Japanese. So she tried to convert them with a combination of hand gestures, sign language and hymns, in English.

The Japanese had absolutely no idea what she was trying to get at. And when she got back to the United States she was still talking about the end of the world. And I remember the day she died. She was very excited. She was like a small bird perched on the edge of her bed near the window in the hospital.
Waiting to die.
And she was wearing these pink nightgowns and combing her hair so she’d look pretty for the big moment when Christ came to get her.

And she wasn’t afraid but then, just at the very last minute something happened that changed everything. Because suddenly, at the very last minute she panicked. After a whole life of praying and predicting the end of the world, she panicked. And she panicked because she couldn’t decide whether or not to wear a hat.

And so when she died she went into the future in a panic with absolutely no idea of what would be next.

lundi 29 octobre 2012

che vuoi?




Et comment, alors, cet homme, retombe-t-il dans la ‘vallée du manque’ ? Comment se remet-il à ressentir quelque désir, lui qui ne (le) ressentait pas, ou seulement comme violence, violation ? N’est-ce pas en assumant, au-delà du vrai et du faux, la reconnaissance que les autres ont de lui ? Ce sont les autres qui les premiers le reconnaissent comme désirant, et répandent la rumeur que cet homme serait tombé amoureux de sa charmante assistante. L’homme le nie d’abord ; puis l’accepte, assume d’être cet homme désirant que les autres désignent : « tu es cela ».
Quant à l’assistante, alors enceinte, elle nie avec fermeté la paternité du géniteur, tout en laissant alors une place vide où l’homme peut alors s’assumer père.
Aux paroles et aux actes de cet homme minimal, l’autre répond par une injonction à désirer « que veux-tu ? » ; l’homme la rejette d’abord : rien, rien, rien, rien que parler à l’anguille qui ne répond jamais, ne questionne jamais ; l’homme reprendra ensuite cette question : « que me veut-elle ? » ; « à quelle place me veut-elle ? » ; « quelle place me demande-t-elle d’assumer ? ». et c’est par ces basculement de points d’interrogation, peut-être, qu’il retombe dans la ‘vallée du manque’.




« Ce Che vuoi ? est la réponse de l'Autre à cet acte de parler du sujet »
Lacan, J. Le désir, Séminaire VI, 19 nov. 1958.

« le désir de l'homme est le désir de l'Autre, où le de donne la détermination dite par les grammairiens subjective, à savoir que c'est en tant qu'Autre qu'il désire […] C’est pourquoi la question de l'Autre qui revient au sujet de la place où il en attend un oracle, sous le libellé d'un : Che vuoi ? que veux-tu ? est celle qui conduit le mieux au chemin de son propre désir, - s'il se met, grâce au savoir-faire d'un partenaire du nom de psychanalyste, à la reprendre, fût-ce sans bien le savoir, dans le sens d'un : Que me veut-il? »
Lacan, J. Subversion du sujet et dialectique du désir, 1960. Dans : Ecrits, pp. 814-5.

« Che vuoi ?, Que veux-tu ? […]
Que me veut-Il ? […]
Que veut-Il à moi? […]
Comment me veut-Il ? […]
Que veut-Il concernant cette place du moi ? »
Lacan, J. L’angoisse, séminaire X, 14 nov. 1962.